Les 24 et 25 aout 2013, l’Union Jeep Vexin a été heureuse d’apporter son concours actif, ne ménageant pas ses efforts (ni la sueur) à la réussite de cette première en France qui est de représenter la libération de Pacy-sur-Eure en 1944, de la capture de sa gare ferroviaire, important nœud de communications pour les forces allemandes  et  avec comme point d’orgue la saisie d’un train chargé de soldats allemands cherchant à  retraiter en direction de leur patrie avec armes et matériel de combat.

Les transports par voie ferrée étaient en effet  stratégiques pour les allemands leur permettant de déplacer sur de grandes distances troupes et armements, peut être encore plus en 1944 avec la raréfaction de l’essence pour ce camp et la nécessité de limiter l’usure prématurée des panzers  par de longues étapes routières avant les combats.

Premier élément clé de la réussite de cette première manifestation du genre est d’avoir un décor qui se prête parfaitement à une reconstitution des combats de 1944 avec les bâtiments de la gare, portant des affiches de l’occupant,  les équipements annexes, les aiguillages manuels, les wagons qui sont d’époque, tant ceux de voyageurs que ceux de marchandises dont les tristement rendus célèbres  par leur utilisation pour convoyer les déportés vers les camps de concentration.

Parallèlement, les véhicules rassemblés enrichissaient le panorama avec coté occupants, un camion camouflé « trois tons » Citroën U23, sidecars et motos type BMW, Zundapp. Coté américain, toute la panoplie d’une division d’infanterie américaine avec les Jeeps, Dodges (dans les différentes versions, 4X4 ; 6X6, ambulance) et GMC.

Sur une voie de garage, un train sanitaire allemand avait été reconstitué, avec les grands marquages externes pour éviter les mitraillages, un intérieur avec tout un ensemble de malades installés sur des lits de fortune, et en cours de soins, avec à proximité les  médicaments, instruments de chirurgie, pansements et journaux. Les commentaires étaient apportés par deux figurantes en tenue d’infirmière de la Croix Rouge allemande.

Coté allié, à proximité de la gare de triage et des entrepôts un camp US avait été monté avec sa panoplie de tentes de différente taille,  depuis les individuelles (pour deux soldats), les « Small » pour les officiers et les grandes collectives. Les véhicules et les coins cuisine, repas et armement complétaient ce camp. 

Le clou de ces journée était constitué par l’attaque du train de soldats allemands, d’abord par la résistance des cheminots de la SNCF, puis par les combats face aux G Is  qui coupent le repli et capturent après un dur combat les soldats survivants.  Nous avons reconstitué cette séquence au moins cinq fois sur ces deux jours, ce qui nous a permis aussi de nous améliorer dans de menus détails à chaque fois pour coller au plus près des photos et des récits de la période.

Ce qui a beaucoup plu au public était le réalisme apporté dans la reconstitution tant visuelle que sonore:

Le train, avec comme à l’époque, la  locomotive précédée d’un wagon plat armé d’un canon de Flak de 20mm en appui sol ou antiaérien, les déflagrations des sabotages effectués sur la voie, les sirènes d’alerte, le crépitement des armes individuelles (Garand, Mauser K98…) et collectives comme les mitrailleuses de 30 mm US  ou des MG42, Bazooka, l’importance des troupes en présence (plus de 30 GI’s et 15 allemands en uniformes d’une division terrestre de la Luftwaffe), la combativité des soldats, les ordres lancés dans les langues des unités engagées, les infirmiers des deux camps tentant de prodiguer les premiers soins aux blessés et enfin la reddition et le désarmement des troupes allemandes capturées. 

Cette manifestation et son succès doivent beaucoup à la coordination des efforts et la bonne entente entre l’association du Chemin de Fer de la Vallée de l’Eure  (CFVE), qui œuvre à préserver et restaurer trains et locomotives (à saluer pour cette action de sauvegarde si difficile), celle des Lufteaux, celle représentant le 79th régiment d’infanterie US et l’UJV.  

Par cette collaboration fructueuse, nous avons pu, via ce spectacle original, montrer au plus jeune public, rappeler au plus ancien, le rôle des hommes tant civils (dont les cheminots de la SNCF) que militaires dans la libération de notre pays.

A noter qu’une équipe de FR3 a immortalisé cette reconstitution de combat  et diffusé à l’antenne son reportage! 

D’autres animations complémentaires se sont tenues pour la plus grande joie du public (voyages dans le même train sur une voie préservée avec ses aiguillages et signalisations du siècle précédent,  expositions d’affiches et de maquettes dans le hall d’accueil des voyageurs.

Et surtout, le samedi matin, une cérémonie aux monuments aux morts présidée par le maire de Pacy-sur-Eure a rappelé que notre vocation première reste d’honorer ces disparus et de perpétrer leur souvenir et leur sacrifice par le devoir de mémoire.

Merci à Marlène Thenot pour ses photos.