Afin de rendre hommage aux libérateurs de notre pays, l’Union Jeep Vexin a décidé de représenter la France Libre lors de certaines occasions. En effet sans l’appui et leur sacrifice de ces français au côté des libérateurs alliés, le sort de l’Europe aura pu être tout autre.

Ainsi l’UJV représentera le Bataillon de Choc, la première représentation de cette nouvelle section sera le 18 juin 2013 à Magny-en-Vexin.

 

"En pointe, toujours" 

Le 22 mai 1943, une unité spéciale destinée à apporter une aide à caractère spécifiquement militaire aux organisations de résistance est créée à Alger. Son premier nom est le Bataillon d’Assaut.

Finalement, celui-ci deviendra le Bataillon de Choc.

 Le Bataillon de Choc est créé officiellement le 25 mai 1943 dans les effectifs de l’armée d’Afrique.

C’est une unité hors plan de guerre, ce qui signifie qu’elle ne disposera d’aucun moyen pour subsister, sans équipement, sans matériel, sans armement, sans véhicule.

 

Ce Bataillon, future unité d'élite de l'armée française est formée à Staoueli, en Algérie, dans la banlieue d’Alger.

 La volonté du commandement français d’alors est de faire du neuf dans la guerre contre l’allemand.

 Entrainé au parachutisme et aux méthodes commando, son but est d'apporter un soutien aux organisations de résistance française en vue de renforcer leur action.

 Issus de toutes les armes de l’armée française, légionnaires, chasseurs, artilleurs, aviateurs, cavaliers, tirailleurs ou même marins, tous les chasseurs sont des volontaires réunis autour d'une même doctrine rappelant leurs origines diverses:

 "puissance de la légion, légèreté du chasseur, chic du cavalier".

L'unité sera successivement engagée en France et en Allemagne pendant le second conflit mondial puis en Indochine et en Algérie avant d'être dissoute à la fin de l'année 1963.

A partir de 1964, ses traditions seront intégralement reprises par le 1er Régiment de Choc, et la composante du 11ème Choc, bras armé des services secrets français et le fameux C.N.E.C., Centre National d’Entrainement Commando de Mont-Louis-Collioure dans les Pyrénées.

Le Bataillon de choc, à sa création, est une formation hors plan, c'est-à-dire qu’il n’est pas compris dans les tableaux d’effectifs et de dotation américains.

 Il sera donc équipé et armé avec les stocks anglais destinés à la résistance et détournés, avec les surplus américains et par les dépôts français selon les disponibilités.

 L’état-major mettra cependant tout en œuvre pour satisfaire les besoins du Bataillon.

 La tenue de base du chasseur reste donc l'équipement américain standard qui sera remplacé au fur et à mesure de son usure par des équipements de prise ou récupérés grâce à l'ingéniosité des hommes.

C’est là une des originalités de cette unité où la débrouillardise et l’action individuelle est une vertu plus que cultivée par tous, afin d’obtenir tout ce qui s’avère nécessaire au combat et à la poursuite de la mission.

De là naitra un esprit non conformiste, fait d’improvisation et d’adaptation au milieu immédiat selon les nécessités opérationnelles.

 L'envers de la médaille sera un esprit frondeur, turbulent, d’adolescent indiscipliné, mais parfaitement maitrisé avec conscience des valeurs à défendre face à tous les périls et d’une très grande valeur combative reconnue des plus hautes autorités militaires.

 

Durant les premiers mois de 1943, le chef de Bataillon Fernand Gambiez, ancien chef de corps du 30ème Bataillon de Chasseurs Alpins, dont il reprendra les traditions pour former l’âme et l’esprit du Bataillon de Choc, persuade l'état-major de la nécessité de créer une unité spéciale « susceptibles d'apporter le moment venu une aide puissante aux éléments implantés clandestinement dans la zone des opérations de débarquement ».

Il rejoint les vues de la direction des services spéciaux, le fameux Bureau Central de Recherche et d’Action, qui décide la création administrative à compter du 23 mai 1943, du Bataillon d'assaut qui prendra par la suite le nom de Bataillon de Choc.

 

Dans l'esprit de Gambiez, les « Chocs » devaient en effet être parachutés ou infiltrés dans le dispositif ennemi, capables de durer en climat d'insécurité, de détruire, paralyser et harceler l'adversaire.

 Ils devaient être l'équivalent pour la France du SAS britannique ou des commandos Allemands de Skorzeny.

 De fait, durant le conflit, le Bataillon fut essentiellement utilisé comme élément précurseur des grandes opérations de la 1ère armée et participa à des combats frontaux classiques.

 Ex officier de l’unité dès mai 1943, Raymond Muelle dira de celle-ci :

« Né des services spéciaux, destiné aux services spéciaux, le « Bataillon de choc » n'a que rarement été utilisé selon sa vocation d’origine.»

 

Les chasseurs du Bataillon de choc sont instruits au parachutisme par les américains à Staouéli, au fameux club des pins, base aéroportée pour l’entrainement au saut.

 A l'issue de la formation ils reçoivent, suivant le cas, un brevet de l'infanterie de l'air, le seul brevet officiel français, ou un brevet américain.

Tous les ‘’Chocs’’ ne seront pas brevetés compte tenu des nécessités opérationnelles et du renouvellement des effectifs pour compléter les manques au fur et à mesure de la progression de l’unité dans les combats de la libération.

 L’entrainement spécial de commando est dispensé par des instructeurs des S.A.S. britanniques.

 Tout y passe, du Close-Combat à la maitrise de toutes les armes possibles et imaginables, en passant par la manipulation de toutes sortes d’explosifs jusqu’à la conduite des locomotives.

 

Le baptême du feu de l'unité à lieu à la fin de l'été 1943 lors de l'opération Vésuve pour la libération de la Corse.

 Le Bataillon de Choc devient ainsi la première unité française à libérer le premier département français durant le second conflit mondial.

L’opération débute le 13 septembre par le débarquement dans le port d'Ajaccio, à partir du sous-marin Casabianca, d'un élément précurseur de 109 chasseurs de la 3e compagnie du Capitaine Manjot qui reçoit la reddition de la garnison.

 Le reste du Bataillon est acheminé dès le lendemain, par les contre torpilleurs Fantasque et Terrible.

Après quelques jours dans la région d'Ajaccio, les hommes de Gambiez interviennent dans l'ensemble de l’île jusqu'au 4 octobre, date à laquelle ils atteignent Bastia.

 Le Bataillon s'installe dès lors dans la citadelle de Calvi et, le 15 octobre, s'étoffe d'une 4e compagnie créée à partir de volontaires corses dont l'emblème portera la tête de Maure.

 

Après quelques interventions de type commando sur l'Italie, le Bataillon est engagé dans sa totalité du 17 au 29 juin 1944 lors de l'opération Brassard relative à la conquête de l'île d'Elbe.

 Trois heures avant l'assaut général mené par la 9e Division d’Infanterie Coloniale, le 2e Groupe de Tabors Marocains et les Commandos d'Afrique, des détachements sont débarqués afin de neutraliser les batteries côtières allemandes disséminées sur la périphérie de l'île.

 Le gros du Bataillon doit intervenir au sud tandis que 80 hommes seront chargés de la partie nord et notamment des batteries d'Enfola.

 Ce fait d’arme sera repris par le cinéma et servira de trame principale au scénario du film ‘’les Canons de Navarone’’.

Une période d’entrainement intensive en Corse à Calvi s’en suit avant le débarquement allié sur les côtes de Provence en aout 1944

. Ce sera ensuite les combats pour la libération de Toulon, puis Grenoble, Dijon, les Vosges, l’Alsace, le ballon de Servance, la poche de Colmar, les combats meurtriers de Jebsheim.

 A chaque étape de l'itinéraire des victoires qui conduit la 1re armée française jusqu'aux portes du Tyrol, à l’Arlberg, le 1er Bataillon de Choc s'est vu confier les missions les plus difficiles.

Selon la formule consacrée par le Général Jean De Lattre De Tassigny, il n'a pas connu d'échec.

 Pour un effectif de 700 hommes à peine, le 1er Choc a eu, entre septembre 1943 et mai 1945, plus de 230 tués, 40 disparus, 580 blessés, sans compter les décès et blessures accidentelles, tandis que dans le même temps, il causait à l’ennemi plus de 1.000 morts, 550 blessés et 2.600 prisonniers.

 

Le 5 janvier 1945, le Bataillon devient 1er Bataillon de Choc et constitue, avec le 3ième Bataillon de Choc, ex 1er Commando de France, unité créée un an après le ‘’Choc’’ en mai 1944, le 1er Groupement de Choc aux ordres du Lieutenant-colonel Gambiez, premier chef du Choc lors de sa création, 18 mois auparavant.

Après l’entrée en Allemagne et la descente vers l’Autriche, s’en suivra une période d’occupation du territoire avant un rapatriement de l’unité à Bordeaux en décembre 1945

. Le 1er octobre 1945, avec le 2ième Bataillon de Choc, ex Bataillon F.F.I. Janson de Sailly, il forme le 1er Bataillon du 1er Régiment d’Infanterie de Choc Aéroportée (I/1er RICAP).

 Ce régiment prend le 1er aout 1946 l’appellation de 1er Régiment de Choc.

 Le 1er Choc obtient en février 1946 la remise de la Croix de Guerre 39-45 avec 3 palmes pour 3 citations à l’ordre de l’armée.

 Lors de la remise de la distinction, le Général de Lattre de Tassigny fait une citation éloquente :

 « Arme nouvelle, forgée pour des exploits nouveaux, le Bataillon donna au premier appel toute sa mesure de perfection.»

 

Ensuite, ce sera la création d’une Demi-Brigade Parachutiste de type S.A.S., futur Bataillon Colonial, en vue du conflit indochinois où le Bataillon de Choc obtiendra la Croix de Guerre des Théâtres d’Opérations Extérieurs avec deux palmes au drapeau.